Certains la cherchent depuis longtemps, d'autres la trouvent omniprésente et pesante. Elle n'est certes pas dénuée de défauts, mais au final, elle n'est que ce que l'on en a fait. Des hommes et des femmes se sont attachés, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, à redessiner les contours de ce continent meurtri. Le charbon et l'acier ont fourni le premier prétexte à une coopération intra-européenne. Puis, pierre après pierre, les murs de la maison commune semblaient s'élever pour constituer un espace économique et social où les diversités n'étaient plus un obstacle et où les points de vue pouvaient s'exprimer. Les États de l'Europe ont besoin d'un socle solide sur lequel prendre appui pour avancer ensemble. L'euro, monnaie commune chèrement conquise, ne parvient pas à rassembler et ce serait une simple bataille de chiffonniers si les manoeuvres en cours, aujourd'hui, ne risquaient de déstabiliser un peu plus encore les équilibres économiques et commerciaux. Dommage, car on observe actuellement de par le monde, un redéploiement des activités conduit par des pays comme la Chine, qui ouvre une nouvelle phase des relations commerciales internationales. Au coeur des préoccupations, les ressources naturelles. Leur disponibilité, la volatilité des prix, leur raréfaction conduisent les gouvernements à fermer les frontières, à réduire et à contrôler les exportations, voire à nationaliser. La mondialisation toutes portes ouvertes a peut-être vécu.
Et les États membres de l'Union européenne feraient sans doute le bon choix en se recentrant sur des moyens et des discours en faveur d'une politique commune, sans plus tirer à hue et à dia.
Martine Chartier
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